presentation du lycee
les anecdotes
1827
La vie d'un interne
Seconde empire

Voltaire à l’index !
(lettre du recteur de l’Académie au proviseur)

Rennes, le 16 juillet 1827
J’ai l’honneur de vous renvoyer, revêtu de mon approbation, l’excellent discours de M. Gouby (nouveau professeur de Rhétorique du Collège). Veuillez l’en féliciter de ma part et le prier de ne pas trouver mauvais que j’aie supprimé le passage relatif à l’auteur de La Henriade. Ce passage est comme tout le reste parfaitement bien écrit ; mais le nom de Voltaire sonne si mal aux oreilles d’un chrétien que nous ne devons pas engager nos élèves à en entreprendre la lecture. Ils ne le liront peut-être que trop dans un avenir plus ou moins rapproché ; mais du moins seront-ils prémunis contre les doctrines détestables du patriarche de nos prétendus philosophes, grâce à l’instruction qu’ils auront reçue dans nos collèges pendant le cours de leurs études.

(Archives départementales d’Ille-Et-Vilaine 1T/R/458)



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Une chanson irrévérencieuse
(composée par les internes en février 1830)

Le proviseur est dégommé
Il va être remplacé
Par un autre proviseur
Qui ne corrompt pas les Sœurs
Sœur Hilaire s’en est allée
Sa pudeur on a violée
Et moi j’dis qu’c’est malheureux
Parce qu’elle avait de jolis yeux…

(Archives Nationales, F/17/21 455)

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Le règlement religieux pour les internes dans les années 1850

1° Chaque jour la prière du matin et du soir est faite dans les études respectives par un élève assigné à cet effet.
2° Le jeudi de chaque semaine, tous les élèves assistent à une messe basse.
3° Tous les Dimanches et les Fètes à obligation, les élèves assistent à une messe chantée et aux vêpres…
4° Les Jeudi, Vendredi et Samedi de la semaine sainte, l’office a lieu le matin et le soir à la chapelle et les élèves y assistent.
5° Les élèves sont tenus d’aller à confesse tous les mois.

(Archives départementales de la Loire-Atlantique, 205/T/1)

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La vie d’un interne sous le second empire

(d’après les souvenirs du docteur Rappin)

5h : lever (5h30 en hiver), toilette sommaire
5h30 : étude
7h15 : petit déjeuner
7h30 : récréation
7h45 : étude
8h : cours
10h : récréation
10h15 : étude
12h : déjeuner
12h30 : récréation
13h : étude
14h : cours
16h : remise des livres à l’étude
16h15 : collation et récréation
17h : étude
20h : souper
(fin de la journée non indiquée)

(Le vieux bahut n°67, 1989)

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L’honneur du lycée

(lettre du proviseur au maire de Nantes, le 4 janvier 1887)

J’ai l’honneur de vous signaler une enseigne qu’un débitant de boisson de la rue Richebourg a placé depuis quelques temps sur la devanture de son cabaret. Elle porte en lettres très apparentes « Buvette du lycée ».
C’est là une enseigne absolument insolite et elle me paraît présenter des inconvénients pour une maison d’éducation.
On pourrait peut-être, vu les circonstances, admettre « Buvette du chantier du lycée ».
Je m’en rapporte, M. le Maire, à votre appréciation.
Le proviseur (Voisin)
N.D.L.R. L’enseigne a été effectivement modifiée suite à une intervention de la mairie.

(Archives Municipales de Nantes, R1, carton 47, dossier 12)

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Le péché de Nantes

(introduction)
On a dit « La Prusse, c’est le péché de l’Europe ! »
Quelqu’un citait ce mot en nous demandant : Savez-vous quel est le péché de Nantes ? – Non – C’est son lycée ! Cette parole nous frappa, et nous nous étions promis de la redire.
Le lycée de Nantes, ce lycée immense et somptueux comme un palais de roi, est une œuvre mauvaise, parce qu’il a été élevé contre l’Eglise. Et c’est pour concourir à une œuvre mauvaise qu’un prêtre a été mis à sa tête..
La lutte est engagée entre les catholiques et les francs-maçons. C’est une question de vie ou de mort pour la France Chrétienne. Il n’est pas permis d’être indifférent, parce que ce serait egoïste et lâche.
Les francs-maçons nous opprimaient depuis vingt ans. Ils nous ont jeté à la face toutes les hontes… Grâce à Dieu, les catholiques relèvent aujourd’hui la tête…



La conclusion qui sort de ces pages est claire. Les catholiques, pas plus aujourd’hui qu’hier, ne peuvent mettre leurs enfants au lycée. La présence de M. Follioley n’est pas une garantie suffisante. Que ses fauves le dévorent tôt ou tard, il ne sera jamais qu’un instrument au service de la neutralité mortelle à la foi chrétienne…
Non, tous ces francs-maçons ne peuvent rien sans nous ! Assez d’expériences nous l’ont prouvé. Nous ne pouvons pas être dupes plus longtemps. Il faut en finir avec ces hypocrisies !
Francs-maçons, remplissez vos écoles et vos somptueux lycées avec vos propres enfants !
Les catholiques ont leurs écoles et leurs collèges : c’est là qu’ils enverront les leurs !
H.B.

(Archives départementales de Loire-Atlantique, 1OJJ, Br. In 8°25)

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Bienvenue aux étrangers !

(lettre du proviseur au maire de Nantes, le 20 juin 1921)

Il serait sans doute possible d’avoir au lycée une colonie étrangère comme cela se pratique déjà dans d’autres villes (Rouen, Caen, le Havre…) Nous pourrions avoir pendant l’année scolaire une colonie qui suivrait au moins en partie les cours de l’établissement et pendant les vacances une colonie d’étudiants qui viendraient se perfectionner dans la connaissance du français. Il serait aisé de constituer le comité de patronage qui faciliterait le recrutement .Mais ce recrutement ne serait assuré que si nous pouvions offrir une chambre aux étrangers peu soucieux de coucher au dortoir (en particulier les Anglais).
Mon projet d’attirer au lycée des élèves étrangers à l’approbation de M. le Recteur.

(Archives Municipales de Nantes, R1/carton 47/dossier 12)

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Les revendications des prépas en mars 1968



(tract de l’UNEF Clemenceau appelant à la grève le 4 mars)

A Clem’s on réagit.
Comme à Paris, le 26 février, les lycéens eux aussi font grève en Loire-Atlantique…
Vendredi midi, une grève de la faim avait lieu. Très largement suivie (90%), ce fut un succès. Si le problème de la nourriture en était la cause immédiate, cette grève manifestait un véritable malaise, imputable à des conditions de vie, de travail, de repos déplorables…
Le soir même, le proviseur, accompagné du censeur, visitait toutes les « turnes », s’exclamait du peu de travail fourni, et du désordre de toutes les turnes, et nous prévenait que le lundi 4 mars, il visiterait tous les bureaux, car selon les règlements, toutes provisions et tous médicaments sont interdits à l’intérieur du lycée. Nous ne pouvons que sourire devant la mesquinerie d’une telle répression, le soir de la grève… Mais la vérité nous était dévoilée en pleine lumière : connaissant la force des étudiants lorsqu’ils veulent faire aboutir leurs revendications légitimes, le proviseur prenait les devants en voulant nous faire renier notre condition d’étudiants à l’intérieur d’un système secondaire par des méthodes primaires.
Sommes-nous étudiants à part entière ou avons-nous gardé l’esprit du secondaire que l’administration se plaît à nous imposer ?

(Archives du lycée).


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